10 fautes de français que vous ne ferez plus dans vos rédactionnels

Lorsque vous rendez un texte à un client, mieux vaut qu’il soit exempt de fautes d’orthographe ou grammaticales. Notre belle langue est complexe, très complexe. Pourtant, elle est régie par des règles souvent simples, voire de bon sens. Voici 10 fautes de français courantes et leur correction.

1. Les adverbes en « –ment » prennent un ou deux « m » ?

Une astuce simple pour ne plus faire l’erreur :

– Si la syllabe « -ment » est précédée du son « a », l’adverbe prend 2 « m », comme conséquemment, violemment, abondamment, bruyamment, couramment, etc.

– Si la syllabe « -ment » est précédée d’un tout autre son, l’adverbe ne prend qu’un seul « m », comme doublement, goulûment, gentiment, précisément, etc.

2. « Censé » ou « sensé » ?

« Censé » signifie « supposé », tandis que « sensé » signifie « qui a du sens » ou « plein de bon sens ».

Pour éviter la faute, remplacez le terme qui pose problème par « supposé » et voyez si votre phrase a encore du sens. Si elle en a, il faut écrire « censé ».

La plupart du temps, « censé » est suivi d’un infinitif :

– Il est censé faire la vaisselle. = Il est supposé faire la vaisselle. (OK)

– Il est sensé faire la vaisselle. = Il est plein de bon sens faire la vaisselle. (La phase n’a plus de sens)

3. « Cent » ou « cents », « vingt » ou « vingts » ?

Tous les nombres sont invariables à l’exception de cent et vingt. Ainsi, ces deux nombres prendront un « s » s’ils sont multipliés et qu’ils ne sont pas suivis d’un autre chiffre.

Par exemple, on écrira « sept cents », mais « sept cent huit ».

De la même manière, on écrira « quatre-vingts », mais « quatre-vingt-quatre ».

Cent prend néanmoins un « s » s’il précède « mille », « million » ou « milliard » (ex. : Sa fortune est estimée à deux cents millions d’euros).

Par ailleurs :

– Mille est invariable (ex. : Des mille et des cents, quatre-vingt-dix mille euros…), mais prend un « s » s’il est utilisé comme mesure de distance (ex. : Le bateau se trouve à cinq milles de la côte).

– Million et milliard prennent des « s » au pluriel, car ce sont également des noms (ex. : Au 1er juillet 2017, la population de la Terre était estimée à 7,55 milliards d’habitants).

4. « Les bleus-verts de l’océan indien » ou « les bleu-vert de l’océan indien » ?

Lorsque deux mots sont utilisés pour qualifier une couleur et que le composé obtenu est un nom qui peut être précédé d’un déterminant, il existe 3 cas de figure :

– Les deux termes formant le composé sont chacun des noms de couleur : ils sont tous les deux invariables et sont liés par un trait d’union (ex. : Les bleu-vert de l’océan indien).

– Le composé obtenu est formé d’un nom de couleur suivi d’un nom qui n’est pas une couleur : seul le nom de la couleur prend un « s » au pluriel (ex. : Des bleus roi magnifiques).

– Le composé obtenu est formé d’un nom de couleur suivi d’un adjectif : tous les deux prennent un « s » au pluriel (ex. : Ces verts clairs sont étincelants).

5. « Les fleurs que j’ai coupé » ou « les fleurs que j’ai coupées » ?

Voici une erreur très fréquente : l’accord du participe passé avec l’auxiliaire « avoir ». Pour éviter la faute, appliquez la « méthode Wilmet », qui consiste à savoir si au moment où vous écrivez le participe passé, vous avez déjà écrit « ce qui est + participe passé » ou « ce qui s’est + participe passé ».

Par exemple :

J’ai coupé les fleurs.

Au moment où j’écris coupé, je n’ai pas encore écrit ce qui était coupé (les fleurs). Il n’y a donc pas d’accord.

Les fleurs que j’ai coupées.

Au moment où j’écris coupées, j’ai déjà écrit ce qui était coupé (les fleurs). Il y a donc accord.

6. « Du » ou « dû » ?

Le participe passé du verbe « devoir » est une faute plus que courante.

La règle est simple : l’accent circonflexe est obligatoire uniquement pour le masculin singulier.

– Au masculin, on écrira « le montant dû », mais « les montants dus ».

– Au féminin, on écrira « la somme due », et « les sommes dues ».

7. « davantage » ou « d’avantage »

Afin de remplacer « plus de », on a tendance à utiliser le terme « davantage ». Or, certains écrivent souvent « d’avantage », ce qui est faux.

Le Projet Voltaire nous dit :

Remplacez la forme qui pose problème par « plus (de) ». Si la phrase reste correcte, écrivez « davantage (de) ». Sinon écrivez « d’avantage(s) », que vous pouvez remplacer par « de bénéfice(s) ».

– Je voudrais davantage de reconnaissance. = Je voudrais plus de reconnaissance.

– Il ne voit pas d’avantage à s’abonner. = Il ne voit pas de bénéfice à s’abonner.

8. « Ils ont l’air méchant » ou « ils ont l’air méchants » ?

L’Académie Française nous dit que si « avoir l’air » peut se substituer aux verbes « sembler » ou « paraître », on accorde alors l’adjectif qui devient attribut :

– Cette maison a l’air abandonnée. = Cette maison semble abandonnée.

En revanche, si « avoir l’air »  prend le sens de « se donner un air » ou « avoir une expression », l’adjectif reste épithète et s’accorde au terme « air » :

– Ils ont l’air méchant.

– Elles ont l’air méchant.

9. « Quelque » ou « quel que » ?

Selon le Projet Voltaire, la règle est très simple :

Si le terme qui pose problème précède un verbe, il faut écrire « quel que ». En outre, il s’accorde :

Quel que soit son tempérament.

Quels que soient ta volonté et ton courage.

Quelles que soient leurs idées.

En revanche, si le terme qui pose problème précède un adjectif, un nom ou un adverbe, il faut écrire « quelque », qui s’accorde également :

Quelque méchant qu’il semble, il ne l’est pas.

– J’ai invité quelques personnes à venir.

Quelque rapidement qu’il coure, je le rattraperai.

10. « Autant pour moi » ou « au tant pour moi » ?

Aucune des deux. Il faut écrire « Au temps pour moi ».

Cela vous semble curieux ? Je vous l’accorde ! Même les spécialistes de la langue française se contredisent. Il faut cependant aller chercher l’origine de cette expression dans le jargon militaire.

En effet, l’expression « au temps ! » est une injonction utilisée lors d’exercices militaires, mais également de danse ou gymniques qui se font en plusieurs temps. Ainsi, l’injonction « au temps ! » enjoint la personne à reprendre le mouvement au premier temps lorsqu’elle fait une erreur.

L’expression « au temps pour moi » est donc utilisée pour admettre de manière élégante une erreur et annoncer que l’on va reprendre le problème à son origine.

Pour conclure

Je vous ai présenté 10 fautes de français couramment commises et la manière de les corriger. Il en existe naturellement beaucoup d’autres.

Si vous voulez parfaire votre niveau, enrichir vos textes d’expressions justes ou, à tout le moins, vérifier que vous n’avez pas fait d’erreur, il existe un grand nombre de ressources sur Internet pour vous aider, à commencer par Bescherelle.com et, pour les plus avancés Le Projet Voltaire.

 

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